Communiqué de presse

Route ou train?
Est-il vraiment nécessaire de percer un second tube
au col de Tende ?

Col de Tende

La ligne de chemin de fer Nice-Breil-Tende-Cuneo a besoin d’investissements qui semblent introuvables, 29M d’euros à court terme, plus 80M d’euros pour sa pérennisation. Le coût du doublement du tunnel de Tende, lui, se monte à 258M d’euros et le projet a été validé. On se rend compte qu’il s’agit là, une fois de plus, d’un choix politique et financier qui va à l’encontre de toutes les résolutions officielles qui prônent le report modal de la route vers le rail. La circulation du train pour les habitants de la vallée a pourtant une importance indéniable.

La raison première affichée pour le projet de doublement du tunnel de Tende était la sécurité. Depuis l’accident du tunnel du Mont Blanc, les tunnels transfrontaliers ont été soumis à de nouveaux règlements et en fonction de ceux-ci le doublement à Tende a été considéré comme la seule solution permettant de sécuriser le tunnel sans arrêter la circulation. L’ANAS (le service des routes italien) avait cependant proposé il y a douze ans une méthode pour réaléser le tube existant en maintenant la circulation sur une seule voie pendant les travaux.

Or fin juin 2014, il a été décidé, en dépit du désaccord de tous les maires des vallées concernées, que la circulation serait interrompue cet été toutes les nuits de 22h à 6h, puis de 19h à 6h et deux jours entiers par semaine à partir de cet automne, et pour toute la durée de la phase du chantier de purge et de drainage des eaux . Les décideurs ne font ils pas là la preuve qu’ils ne tiennent pas leur « promesse » de trafic non interrompu, qui avait amené au choix du doublement ?

L ‘avis des maires n’a pas été pris en compte, pourquoi le serait il ultérieurement lorsque ceux-ci demanderont des mesures de restriction de la circulation, ni la route, ni la traversée des villages n’étant en état de recevoir l’accroissement prévu de 50% du flux actuel ?

Une partie non négligeable de la population refuse le projet de double tunnel en raison de l’augmentation du trafic routier qu’il va générer dans les vallées française et italiennes, avec ses conséquences sur la sécurité, la santé, l’économie, le tourisme….sans parler des inévitables aménagements ultérieurs qui risquent fort de transformer ces vallées en simple couloir de circulation rapide.

En ce qui concerne la sécurité, de très nombreux aménagements ont déjà été réalisés. Actuellement, le tunnel fonctionne en alternance de circulation et de ce fait sa largeur n’est plus un problème et les possibilités de collisions de véhicules en sens inverse sont supprimées.
Les rapports de sécurité sont favorables tout en relevant encore trois manques : l’absence de poste de pompiers permanent coté italien comme il existe en France ; la vérification de la réelle résistance au feu de tous les câbles d’alimentation ; enfin, si les caméras et l’ensemble du système de vidéo-surveillance et de commande sont bien reliés à un centre de surveillance à Turin, il manque encore le dispositif permettant depuis Turin d’activer les feux de fermeture du tunnel en cas d’accident.
Ces opérations sont réalisables sans un budget colossal et la sécurisation du tunnel actuel serait alors acquise.
Si le doublement n’était pas réalisé, un dispositif pourrait être mis en place comme cela est prévu dans d’autres tunnels transeuropeens pour permettre l’évacuation des usagers en cas d’incendie et ainsi pérenniser cette sécurisation au delà de la phase transitoire limitée à quelques années pour laquelle elle est assurée.

Alors pourquoi vouloir à tout prix un autre tube?

Le chantier confié à des entreprises italiennes depuis les appels d’offre est-il si important qu’il faille y sacrifier la vie des vallées ?
Peut on faire comme si la vallée de l’Arve n’était pas devenue un des territoires les plus pollués de France suite au trafic transalpin du tunnel du Mont Blanc, alors que ce même trafic risque de déferler au Tunnel de Tende s’il est doublé ?
Le système d’alternance de la circulation n’est il pas suffisant pour le trafic inter-régional que le tunnel est sensé permettre ?
Vaut il la peine pour éviter un quart d’heure ou une demie heure d’attente en été, de mettre en péril la santé et la sécurité des habitants, de procéder en plusieurs étapes à la destruction de paysages aussi remarquables et pittoresques ?
Sous la pression des lobbys des BTP, jusqu’où seront capables d’aller les Etats français et italien, qui pourtant prônent le report modal dans l’ensemble de leurs schémas de transport, pour faire croire que c’est un mal nécessaire ?
Les financements de ce projet pourraient être reportés sur le ferroviaire, ce qui permettrait de réaliser tous les travaux nécessaires à la pérennisation de la ligne Cuneo Breil Nice si chère à la population, y compris sa ré electrification qui optimiserait son potentiel.

Association Roya Expansion Nature

Lettre au Président de la République

Association Roya Expansion Nature
Agréée le 17 janvier 2014
15, rue des anciens combattants
06540 Saorge
associationren06@gmail.com

Saorge, Le 18 février 2014

Lettre ouverte à Monsieur Le Président de la République

Monsieur le Président,

Après votre élection à la Présidence de la République, vous aviez tenu l’engagement pris au moment de votre candidature, exprimé dans votre courrier du 23 avril 2012 adressé à notre association, et accédé à notre demande de rencontre.

Une délégation portant nos questionnements sur la politique des transports dans la vallée de la Roya avait été reçue le 3 juillet 2012 par MM. Rolin et Toulouse du cabinet du ministre des transports.

Nous avions alors reçu l’assurance que la convention de 1970 régissant la gestion de la ligne ferroviaire Nice-Turin (1) allait être rapidement revue.

Un an et demi après cet entretien, et malgré de nombreuses demandes émanant de diverses collectivités territoriales, la convention est toujours en vigueur.

Une disposition de cette convention, statuant que les financements des travaux d’infrastructures sur le parcours français de la ligne entre Breil sur Roya et Tende incombent à l’Italie, perturbe depuis plusieurs années le bon fonctionnement de la liaison.

Le résultat est que le gouvernement italien ne se résout plus à inscrire les crédits nécessaires dans son budget, que l’infrastructure sur le parcours français entre Breil sur Roya et Tende est dans un tel état que RFF impose une réduction de la vitesse à 40km/h sur cette portion de la ligne, et, qu’en retour, la région Piémont gestionnaire de la ligne vient de diviser par 4 le nombre de trains.

Il y a quelques mois ce sont des arrêts qui avaient été supprimés, et auparavant un changement de système de sécurité unilatéral avait empêché les trains français de rouler en Italie, éliminant de fait la liaison directe Nice-Turin. Les horaires inadaptés aux besoins, les correspondances impossibles, les temps de parcours doublés, les bus de substitution, sont les prémisses d’une disparition annoncée de la ligne.

Les habitants des deux nationalités, dans les villes et les vallées reliées par cette voie, sont les victimes d’un bras de fer entre la France et l’Italie.

Il y a eu plusieurs annonces rassurantes depuis deux ans, mais elles n’ont pas été suivies d’effets. Au sommet franco-italien du 20 novembre 2013 à Rome, Enrico Letta, premier ministre italien, a déclaré l’importance stratégique de la ligne; trois semaines plus tard 12 trains italiens étaient supprimés. Le ministre des transports italien a annoncé un déblocage imminent de 29 Millions d’euros; le parlement italien ne les a pas votés, et l’instabilité politique actuelle ne laisse rien présager dans ce sens. Le gouvernement français assure en conclusion de chaque réunion ou sollicitation qu’il poursuit les négociations pour réviser la convention; un an et demi ne semble pas avoir été suffisant pour y parvenir.

Il faut se rendre à l’évidence: pendant trois décennies les gouvernements français successifs ont fait porter par l’Italie la charge d’un pan entier de l’aménagement du territoire de l’Est des Alpes Maritimes. Les gouvernements italiens ne sont plus prêts à l’accepter.

Cette ligne n’est pas d’intérêt exclusif italien. Elle est un maillon essentiel des communications entre la région Provence Alpes Cote d’Azur, la Ligurie et le Piémont ; elle est indispensable à la vie économique et touristique de la vallée de la Roya. Elle répond aux critères du développement durable en proposant une alternative au tout routier.

Il nous semble fondamental que la France respecte ses engagements pris dans le cadre de la Directive Territoriale d’Aménagement (DTA) en vigueur, et notamment celle d’« _approfondir les perspectives de développement des capacités de la ligne ferroviaire Nice-Vintimille-Cunéo. L’attrait touristique exercé par le littoral vis-à-vis des régions du Piémont et de la Lombardie devra se confirmer par la création de services express entre Turin et la Côte d’Azur. Cela nécessitera, d’une part, l’électrification de la ligne et, d’autre part, la mise en service, par la SNCF et la FS (Ferrovia Statale), de matériels performants capables de franchir aisément les pentes de la ligne (2,5 %)_ ».

*Nous osons mettre en concurrence deux choix politiques: le doublement du tunnel routier du col de Tende, au bas mot 230 millions d’euros, et la ligne ferroviaire Nice-Turin, qui serait rendue efficace avec 120 millions d’euros ou au moins sauvée avec 29 millions d’Euros.*

L’un augmente la pollution de l’air déjà inquiétante dans les Alpes-Maritimes, l’autre est conforme aux recommandations de la Convention Alpine, à la politique de report modal de la route vers le rail prônée par le gouvernement, et aux préconisations des récents schémas nationaux et régionaux des infrastructures de transport.

*Nous vous demandons solennellement de trancher en faveur de la ligne ferroviaire, d’abroger les deux textes de loi qui rendent applicables la convention de 1970 (2), de donner à la Commission Inter Gouvernementale des Alpes du Sud des consignes de négociation avec une date butoir au premier semestre 2014 et de débloquer les fonds nécessaires afin que RFF commence les travaux d’urgence en amont de Breil sur Roya. A ces derniers doivent être ajoutées les réparations des dégâts causés par des éboulements récents qui ont incité la SNCF à supprimer tous les trains français entre Nice et Tende pour les remplacer par quelques autobus, et cela pour plusieurs mois.*

*Nous ne comprenons pas que les travaux du doublement du tunnel routier du Col de Tende aient à nouveau été entérinés lors de la conférence de Rome alors que la ligne ferroviaire est en train de disparaître par manque de financement.*

Veuillez agréer, Monsieur le Président, notre considération respectueuse.

Pour l’association Roya Expansion Nature,
Le conseil d’administration

(1) Texte de la convention dans le décret n°74-298 du 8 avril 1974

(2) Loi n°71-432 du 11 juin 1971 AUTORISANT L’APPROBATION DE LA CONVENTION ENTRE LE GOUVERNEMENT DE LA REPUBLIQUE FRANCAISE ET LE GOUVERNEMENT DE LA REPUBLIQUE ITALIENNE CONCERNANT LA SECTION SITUEE SUR LE TERRITOIRE FRANCAIS DE LA LIGNE FERROVIAIRE CONI-BREIL-VINTIMILLE, SIGNEE A ROME LE 24 JUIN 1970
et
Décret n°74-298 du 8 avril 1974 PORTANT PUBLICATION DE LA CONVENTION ENTRE LE GOUVERNEMENT DE LA REPUBLIQUE FRANCAISE ET LE GOUVERNEMENT DE LA REPUBLIQUE ITALIENNE CONCERNANT LA SECTION SITUEE EN TERRITOIRE FRANCAIS DE LA LIGNE FERROVIAIRE CONI-BREIL-VINTIMILLE (AVEC DEUX ANNEXES) SIGNES A ROME LE 24 JUIN 1970

FRANCAIS ET ITALIENS UNIS CONTRE LA FERMETURE DE LA LIGNE NICE-CUNEO

Lien sur le blog:http://nice-cuneo-ventimiglia.blogspot.fr

Dimanche 15 décembre, au moment où entrait en vigueur le nouvel horaire qui sanctionnait, officiellement, le passage de 16 à 4 trains journaliers sur la ligne ferroviaire Cuneo-Ventimiglia, près de trois cents personnes venant de la France et de l’Italie se sont retrouvées à Tende pour protester contre celle décision.
Etaient présents les Maires et les Conseillers Généraux de la Roya française, un adjoint et un conseiller de la Commune de Cuneo et un Conseiller Régional du Piémont.
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Un défilé simulant symboliquement l’enterrement de la ligne a succédé aux prises de position en faveur de son maintien.

Cet événement a été suivi d’une réunion de discussion au cours de laquelle les organisateurs de la manifestation, le «Comité de défense des Chemins de fer Locaux de Cuneo» et le «collectif des organisations de la Vallée Roya», ont donné naissance au COMITÉ FRANCO-ITALIEN POUR LA CUNEO-NICE, en unissant ainsi les forces en vue de la réalisation d’un objectif commun: sauver, développer et moderniser la ligne ferroviaire dont la survie est menacée.

Le nouveau comité réclame, dans l’immédiat, le financement promis et la mise en oeuvre des travaux urgents qui permettront l’annulation du ralentissement à 40km/h, pris comme prétexte de la Région le Piémont pour la réduction draconienne des courses, ainsi que la reprise des services qui permettent de satisfaire les besoins des populations du Piémont, de la Ligurie, de la Côte d’Azur et de la Roya.
A plus long terme, il demande la révision de la convention franco-italienne de 1970 et la modernisation et l’électrification de la ligne.

La prochaine mobilisation sera le 27 décembre à Gênes à l’occasion de la rencontre entre les Présidents des Régions Piémont et Ligurie sur la question des transports. Le Comité sera présent pour manifester sa mobilisation, fort du soutien des 20 mille citoyens qui, à ce jour ont signé la pétition.

Informations:

http://nice-cuneo-ventimiglia.blogspot.fr

Messages: nice.tende.en.train@gmail.com
Messages: comitato.ferrovie.cuneo@gmail

http://www.activism.com/it_IT/petizione/nessuno-tocchi-la-cuneo-ventimiglia-vogliamo-la-ferrovia-in-valle-roja/43144

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Pétition pour le transfert du financement de la route vers le rail

Nous lançons une pétition qui demande aux élus de se prononcer pour le retrait du projet de doublement du tunnel routier du col de Tende et de prendre officiellement position pour un transfert du financement sur la voie ferrée

La pétition est en ligne sur Change.org,
_en français: Ici
_in italiano: Qui
(link in fondo pagina)

Le texte de la petition est reproduit ci-dessous en français et en italien (avec version téléchargeable au format pdf).

_Version française: Telecharger le pdf

Ligne ferroviaire Cuneo/Nice/Ventimiglia

Etant donné que :
* la ligne de chemin de fer Cuneo/Nice/Ventimiglia est gravement menacée de fermeture par manque de crédits,
* les États italiens et français font face à des situations économiques difficiles,
* des financements supérieurs aux besoins immédiats de la ligne sont cependant disponibles pour le doublement du tunnel routier du Col de Tende,
* le trafic routier dans les deux vallées participe à la pollution de l’air en s’ajoutant aux fortes concentrations venant des trafics urbains voisins,
* la sécurité dans le tunnel routier est assurée du fait de l’alternance et des récents travaux réalisés,
* cette alternance évite aux deux vallées un trafic de voitures et de camions qui augmenterait avec le doublement,
* les routes de part et d’autre du tunnel sont déjà saturées, – la ligne de chemin de fer offre une alternative à forte valeur économique et patrimoniale,
* son électrification permettrait le transport de marchandises,
* sa disparition est impensable,

Nous, habitants et touristes des massifs alpins, citoyens européens, automobilistes, motocyclistes, n’acceptons plus que les crédits soient mis sur un projet routier, et qu’en conséquence il n’y ait plus suffisamment d’argent pour pérenniser la ligne de chemin de fer existante. A l’heure où tous les Etats européens valident le nécessaire report modal de la route vers le rail, il est grand temps que les investissements concernant les grands travaux transalpins aillent dans ce sens.

Oui aux trains. Non à l’explosion du trafic routier dans les vallées alpines.

Nous demandons aux élus des trois régions, Ligurie, Piémont, Provence Alpes Cote d’Azur, de se prononcer pour le retrait du projet de doublement du tunnel routier du col de Tende et de prendre officiellement position pour un transfert du financement sur la voie ferrée.

Nous leur demandons aussi de faire pression auprès des deux États pour obtenir que la gestion commune soit renégociée de façon équitable et efficace.

_Italiano: Caricare il pdf

Linea ferroviaria Cuneo-Nizza/Ventimiglia

Considerato che:
* sulla linea ferroviaria Cuneo-Nizza/Ventimiglia pende una grave minaccia di chiusura a causa di mancanza di fondi;
* gli Stati italiano e francese si trovano ad affrontare una difficile situazione economica;
* finanziamenti superiori a quelli immediatamente necessari alla sopravvivenza della linea
ferroviaria sono stati comunque reperiti per il raddoppio del tunnel stradale di Tenda;
* il traffico veicolare nelle due valli Vermenagna e Roya contribuisce all’inquinamento
atmosferico e si aggiunge a quello delle conurbazioni cui la linea fa capo;
* la sicurezza nell’attuale tunnel stradale è garantita dal senso unico alternato e dagli
interventi portati a termine di recente;
* la ferrovia salva le due valli dal prevedibile aumento di traffico di automobili e camion se
si raddoppiasse il tunnel stradale;
* le strade di accesso al tunnel sono già oggi sature di traffico;
* la ferrovia offre un’alternativa fortemente competitiva dal punto di vista economico e
patrimoniale;
* la sua elettrificazione renderebbe possibile il trasporto merci;
* la sua chiusura è fuori da ogni logica

noi, abitanti e turisti di area alpina, cittadini europei, automobilisti e motociclisti, non siamo più disposti ad accettare che i finanziamenti vadano ad un progetto stradale e che allo stesso tempo manchino per garantire duratura esistenza alla linea ferroviaria. In un’epoca in cui tutti i paesi europei affermano la necessità di passare dal traffico stradale a quello ferroviario, riteniamo più che mai urgente che gli investimenti per i grandi lavori alpini siano consoni a tale indirizzo.

Sì ai treni! No all’incremento del traffico veicolare nelle valli delle Alpi!

Chiediamo agli eletti delle regioni Liguria, Piemonte e Provence-Alpes-Côte d’Azur di pronunciarsi per il ritiro del progetto di raddoppio del tunnel stradale di Tenda e di prendere ufficiale posizione per il trasferimento del fondi alla linea ferroviaria.

Chiediamo inoltre che facciano pressione sugli organi competenti dei due Stati affinché la gestione della linea ferroviaria sia rinegoziata con criteri di equità ed efficacia.

Réforme territoriale – demande de prise en compte de la spécificité de la vallée de la Roya pour une véritable justice territoriale.

Association Roya Expansion Nature
Agréée le 4 août 1994
15 rue des anciens combattants
06540 Saorge
Monsieur Christophe Mirmand
Préfet des Alpes Maritimes
CADAM
86 Route de Grenoble
06286 Nice cedex 3

Saorge, le 19 novembre 2012

Objet : Réforme territoriale – demande de prise en compte de la spécificité
de la vallée de la Roya pour une véritable justice territoriale.

Monsieur le Préfet,

L’association Roya Expansion Nature, qui a pris l’initiative de ce courrier, s’occupe de protection de l’environnement dans la Roya depuis plus de 20 ans. En raison du délai très court pour vous adresser ce courrier avant les prises de décision concernant l’avenir territorial de la vallée de la Roya, nous avons décidé de vous le faxer et mailer, en accord avec les associations et groupement locaux cités en fin de ce courrier qui, nous vous remercions d’en prendre note, sont de différentes tendances politiques, mais sont rassemblés autour du choix d’une intercommunalité des villages de la Roya.

La vallée de la Roya est située à l’extrême sud-est des Alpes Maritimes. Elle a une spécificité de haut et moyen pays montagnard, et est composée de 5 villages et d’une population d’environ 5500 habitants.
Notre vallée, comme d’autres territoires en France, se trouve confrontée aux incohérences de la réforme des collectivités territoriales en ce qui concerne la mise en place des regroupements des communes.

Nos associations préconisent la création d’une communauté des cinq communes de la Roya, comme cela avait été envisagé par le Préfet Garnier le 7 septembre 2001. Nous considérons que, en démocratie, la volonté des habitants de la Roya, qui se sont prononcés à 87% des votants pour une communauté de communes de la Roya, la volonté des trois maires, sur les cinq que compte la vallée, et celle des 75% des conseillers municipaux, devrait être respectée.

Il nous parait profondément antidémocratique qu’une commission de 47 membres, dont aucun élu de la vallée, ait pu imposer sa décision lors de la dernière réunion de la Commission Départementale de Coopération Intercommunale (CDCI) à Nice le 9 décembre dernier. C’est encore elle qui pourrait entériner fin novembre le Schéma proposé par l’ancien Préfet Mr Lamy, soit un ralliement des cinq communes de la vallée à la CARF, alors que les intérêts des moyens et hauts pays sont différents de ceux du littoral.
Cette commission ne semble pas prendre en compte la volonté de 75% des élus de la vallée. En effet, les 3/4 des conseillers municipaux des communes concernées s’étaient prononcées contre le schéma adopté par la CDCI.
Laisser la décision se faire de cette manière-là nous parait en contradiction avec la position de Jean-Pierre Bel, Président du Sénat, dans ses propos parus au journal le Monde le 4 mars 2012. L’article est intitulé «Soyons clairs : nous abrogerons la réforme territoriale». Il dit : «Il faut mieux prendre en compte la diversité des territoires, notamment en favorisant les possibilités d’adaptation réglementaire d’une loi en fonction des spécificités, sur des champs déterminés par le législateur, et les capacités d’expérimentation. Jean-Pierre Raffarin avait commencé à ouvrir cette possibilité ; nous allons la reprendre. Donnons un peu de souplesse à notre système !»

C’est précisément en lien avec cette volonté de souplesse vis-à-vis des cas particuliers que nous nous adressons à vous pour demander de la souplesse et de l’écoute. La situation particulière de la vallée de la Roya, de par sa spécificité territoriale profondément différente de celle de la Riviera, appelle à reconnaissance. Nous demandons que la volonté des élus et des populations soit prise en compte en toute démocratie. Puisque certains contestent la validité de la consultation populaire qui a eu lieu le 4 septembre 2011, son résultat: 87% des 46% des suffrages exprimés pour une communauté de communes de la Roya, pourrait être confirmé par une nouvelle consultation populaire organisée officiellement par vous-même. Il est important de rappeler ici que la consultation populaire de septembre 2011 a eu lieu dans une ambiance toute particulière, le vote s’est fait malgré les pressions et menaces de la part du Préfet de l’époque et des maires de Tende et Fontan. Il vous est également possible de proposer à l’ensemble des conseillers municipaux de la vallée de se réunir en assemblée afin de voter à bulletin secret.

A tout le moins, nous devrions pouvoir être libres de tenter une communauté de communes de la Roya afin de prouver sa viabilité.

En effet, en dépit de toutes les démarches qui ont déjà été accomplies auprès de vous, autant par les maires que par les associations, nous redoutons que le choix final de la CDCI soit le même que précédemment.
Nous tenons à vous rappeler les incertitudes et craintes que font naître le rattachement de la Roya à la CARF
- Alors que les budgets de nos communes sont en équilibre, nous hériterions du budget déficitaire de la CARF ;
- Les décisions fondamentales concernant notre territoire nous échapperont totalement que ce soit dans le domaine de la gestion de l’eau, de la gestion des déchets, de l’urbanisme, et de l’écologie. Nos 5 communes seront noyées dans un processus décisionnel composé, entre autres, d’élus de 15 communes, la majorité écrasante revenant aux élus des communes du littoral.
Par contre les atouts de la communauté de communes de la Roya si elle est créée, sont importants :
- 4 des 5 communes sont liées avec le Parc National du Mercantour, un tourisme vert y a sa place ;
- oléiculture, élevage et agriculture bio sont toujours présents ;
- les hôpitaux et maisons de retraites sont implantés dans chaque commune ;
- la coopération des deux SIVOM permet entre autres une gestion équilibrée des déchets ;
- la vie culturelle de la vallée est intense grâce à l’activité de nombreuses associations ;
- le patrimoine historique, architectural ainsi que la biodiversité y sont des plus remarquables ;
– la voie ferrée pourrait faire l’objet d’un classement au patrimoine de l’UNESCO.
Nous revendiquons pour la Roya une gestion à taille humaine garantissant le caractère montagnard spécifique de la vallée de la Roya par l’établissement d’une communauté de communes de la Roya.

Nous estimons que l’esprit de la loi a été bafoué dans la Roya (et ailleurs), car :
- Les directives ministérielles d’application de la loi n’ont pas été respectées : celles-ci prévoyaient « l’élaboration du SDCI comme un exercice de production conjointe entre le Préfet et les élus…et les responsables du monde socio-économique » : or nos maires n’ont été reçus par le Préfet qu’une fois, les engagements de visites explicatives par les services préfectoraux dans la vallée n’ont pas été tenus jusqu’à présent.

Bien plus, la directive conseille aux préfets de prendre en considération pour l’élaboration du SDCI les projets de création d’EPCI (Établissement Public de Coopération Intercommunale) commencés avant l’entrée en vigueur de la loi, mais non achevés, pour peu qu’ils correspondent aux objectifs fixés par la loi (couverture intégrale du territoire par des EPCI à fiscalité propre, rationalisation des périmètres, réduction du nombre des syndicats intercommunaux) : cela aurait pu s’appliquer parfaitement à la Roya, où le processus d’intercommunalité pouvait être considéré comme ayant débuté par la coopération des 2 SIVOM ;
- Il n’a pas été tenu compte de l’avis des populations, hormis le report de deux mois de la décision quant au schéma final : vote des conseils municipaux, consultations populaires (Roya, Mouans-Sartoux), pétitions….et des directives du Premier ministre appelant à une large consultation ;
- La composition de la CDCI est un obstacle à la démocratie locale: elle s’est prononcée pour un schéma qui a été désavoué par les 3/4 des communes concernées.

En conclusion, nous espérons que notre demande de prise en compte de la spécificité de notre territoire, trouvera écho auprès de vous, et se matérialisera par l’opportunité pour une communauté de communes de la Roya de prouver sa viabilité.
Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Préfet, l’assurance de notre respectueuse considération.

Pour l’association REN, Mesdames Joëlle Chemallé et Léonor Hunebelle, administratrices.

Les associations cosignataires :
Association Roya Citoyenne, Section Roya du parti communiste, Urgence Sociale 06

Compte Rendu Conférence du 14 janvier 2012

COMPTE RENDU DE LA CONFERENCE QUALITE DE L AIR ET TRAFIC ROUTIER 

    La conférence, organisée par l’association Roya Expansion Nature (REN), en partenariat avec le Foyer Rural de Tende-La Brigue et l’Association Citoyenne, s’est tenue au cinéma de Tende le samedi 14 janvier à 15h. Environ 120 personnes étaient présentes.

    Mme Chemallé, de l’association REN, explique pourquoi il a semblé très opportun de relancer le débat autour de la pollution de l’air : Imminence du démarrage du tunnel de Tende vu que le problème des déblais contenant des anhydrites sulfuriques est désormais pris en charge par l’Italie, reste cependant le problème du stockage provisoire de ces déchets dangereux en France.
Les données de qualité de l’air sur le site de la Riviera pour l’ozone sont inquiétants et les conséquences sur les vallées évaluées. L’objectif est de s’informer sur la pollution, ses conséquences sur la santé, et plus particulièrement, du rapport entre les transports routiers et la pollution à travers les exposés des différents intervenants. 

    Mr Philipe Mussi, adjoint au maire de Valbonne et Conseiller régional, est sollicité pour s’exprimer en prélude à cette conférence. II évoque la volonté de la région de valoriser le rail et annonce de prochaines améliorations sur notre ligne Nice-Tende. Il confirme son soutien et celui de son groupe (EELV) au Conseil Régional pour le report modal de la route vers le rail et contre le projet de doublement du tunnel de Tende.

    Mme Florence Peron, ingénieur d’études à Atmo Paca, devenue Air Paca depuis la fusion des deux associations régionales le10 janvier dernier, présente les différentes missions de cette association agréée surveillance de l’environnement, qui est composée de quatre collèges : services de l’état, collectivités locales, émetteurs (industriels et transporteurs), associations et personnes qualifiées.  Ses missions sont la mise en œuvre de la surveillance et de l’information sur la qualité de l’air, la compréhension des phénomènes, la diffusion des résultats et des prévisions, la transmission immédiate au Préfet des informations en cas de dépassement ou de prévision de dépassement des seuils.
Les polluants primaires sont : les oxydes d’azotes, NO2, Nox, émis principalement par les transports routiers et le résidentiel, fabricants d’ozone et de pluies acides ;  le dioxyde soufre, SO2, émis principalement par les industries; le monoxyde de carbone CO, émis lors de la combustion incomplète de véhicules et/ou de chauffage ; les composés organiques volatils COV, majoritairement émis par les transports routiers et l’industrie ; les particules fines PM 10 et PM 2.5, principalement émises, en PACA, par les transports routiers et l’industrie ; les HAP, Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques, proviennent des combustions incomplètes et également des transports ; et enfin les métaux lourds, émis principalement lors de l’incinération des déchets.
     L’ozone, O3, est un polluant secondaire, il résulte de la transformation chimique de polluants issus notamment des transports et de l’industrie, sous l’effet du rayonnement solaire : c’est un polluant photochimique. Il est le seul étudié, parmi ce type de polluant, et est utilisé comme traceur de pollution photochimique. A ne pas confondre avec le « bon » ozone, situé en très haute altitude dans la troposphère, qui constitue la couche d’ozone et protège la terre du rayonnement UV. De par leur ensoleillement, la région PACA et le département des Alpes Maritimes sont particulièrement exposés à la pollution due à l’ozone. La région Paca est la région de France la plus touchée par l’ozone avec 54 jours de dépassement par an et l’une des plus touchée d’Europe avec Athènes, Gênes et Madrid.
    Tous ces polluants ont des effets très nocifs sur la santé et les personnes les plus sensibles sont les enfants de moins de huit ans et les personnes âgées. En ce qui concerne notre département, la Riviera est soumise à peu de pollution industrielle, mais par contre, la part du transport routier y est très importante et les polluants qui y sont liés sont bien présents en zone urbaine. Les zones rurales ne sont pas épargnées par la pollution, Les concentrations d’ozone ne sont pas seulement observées là où la pollution est émise, en centre ville, ou en bordure d’autoroute. Des niveaux élevés sont aussi constatés en zone rurale, jusqu’à 150 Kms des sources, dans la direction des déplacements des masses d’air. C’est ainsi que l’ozone parvient depuis la Riviera sur les Moyens et Hauts pays.

Dans notre secteur les relevés sont faits sur la station d’Adréchas depuis 1999, et sur la station périurbaine de la Carf depuis l’année 2009, et concernent uniquement l’ozone. La vallée du Paillon a également plusieurs stations fixes et temporaires, qui mesurent différents polluants.

Le Bilan de la qualité l’air sur ces stations fixes montre, pour la pollution chronique, une tendance à la hausse, une réglementation non respectée, et, en 2011, la présence d’ ozone précoce, dès mars. Pour la pollution de pointe, voici le nombre des dépassements du seuil d’information: 76 à Adréchas depuis 2000 dont 27 en 2003, 3 sur la Carf depuis 2009, avec un maximum observé le 19  09 2003:  233 µg3/h et le 3 août 2011 : 186µg3/h.
     Il est important en ce qui concerne l’ozone de bien faire la différence entre les pics de pollution, qui sont des dépassements du seuil d’information de 180 µg/m3/h (le seuil d’alerte est de 240µg/m3/h), et la pollution chronique également appelée pollution de fond. La pollution de fond est définie à partir d’un dépassement de 120 µg/8h/m3 d’air. Voici le nombre de jours de dépassement de ce seuil pour l’ozone sur les dix dernières années sur la station d’Adrechas située à 30 km à vol d’oiseau de Tende, et sur la station de Cians.  La Commission Européenne tolère 25 jours/an de dépassement des valeurs seuil :

2000 Adrechas 84
2001 Adrechas 77 Cians 54
2002 Adrechas 72 Cians 62
2003 Adrechas 151 Cians 125
2004 Adrechas 120 Cians 108
2005 Adrechas 114 Cians 76
2006 Adrechas 90 Cians 65
2007 Adrechas 49 Cians 28
2008 Adrechas 20 Cians 20
2009 Adrechas 72 Cians 35
2010 Adrechas 71 Cians 68

    Avec des capteurs mobiles, à Tende, le 20 Août 2003, alors que le seuil est de 180, on arrivait à un taux d’ozone de 179,5. Depuis 2003, il n’y a pas eu de pose de capteur mobile dans la Roya.
     Le site atmopaca.org permet d’avoir toutes les informations sur la qualité de l’air en région PACA.
     Mme Péron achève son exposé en rappelant la circulaire du 18 novembre 2011 qui interdit le brûlage à l’air libre des déchets verts en raison de la très haute toxicité des HAP dégagée lors de leur combustion.

    Mr Patrick Feneau, médecin pédiatre, précise que l’ozone qui nous concerne particulièrement dans la vallée est issu de la transformation chimique des NOx sous l’effet du rayonnement solaire et se compose de trois molécules d’oxygène, O3, qui agit comme un puissant oxydant. Il fait état de différentes études qui ont été menées sur les effets de l’ozone sur la santé : de nombreuses études américaines depuis 2000, mais aussi européennes ( étude APHEKOM) et française ( institut de veille sanitaire ) mettent en évidence et peuvent dans une certaine mesure quantifier le risque.
L’étude Aphekom a mis en évidence le lien entre la pollution aux particules fines (les PM2,5 pour cette étude) et la réduction de l’espérance de vie des populations exposées à des dépassements des seuils préconisés par l’Organisation mondiale de la santé. Il précise que la pollution de fond quotidiennement inhalée est aussi dangereuse sinon plus pour la santé que les pics de pollution.
    Mr Féneau décrit que le nombre de maladies respiratoires augmente avec la pollution atmosphérique. La probabilité de mourir d’un cancer du poumon ou de maladie cardiaque est environ de 25% plus importante dans une zone polluée.  Les polluants atmosphériques sont nombreux, les plus toxiques pour l’homme étant l’ozone et le CO, . Le CO n’a pas d’effet nocif immédiat important . A noter cependant qu’il se combine dans le corps humain avec l’hémoglobine , pour donner une minime intoxication oxycarbonée. L’ozone est un polluant très nocif pour l’organisme humain. C’est un  oxydant énergique qui agresse les cellules vivantes. Les organes particulièrement sensibles sont les poumons, les reins, le cerveau, les yeux. Sa toxicité varie en fonction de la sensibilité de chacun, du niveau d’exposition, du volume d’air inhalé ( sportifs ), de la durée d’exposition. Sont donc particulièrement réceptives les personnes atteintes de maladies cardiovasculaires, les enfants de moins de 15 ans, les personnes âgées( baisse des défenses immunitaires) , les personnes à activité physique intense,et/ ou exposées à des produits toxiques irritants. D’où les recommandations des autorités sanitaires en direction de ces personnes en cas de pics de pollution. En France, l’association Santé Environnement regroupe plus de 2500 médecins et demande une prise en charge politique du problème. »

    Mr Simon Métral, Vice Président de l’Association pour le Respect du Site du Mont Blanc (ARSMB), et membre du conseil d’administration de AIR APS, nous présente un diaporama. Dans la  Vallée de l’Arve, qui va de Genève à Chamonix, la situation est catastrophique en raison des dépassements récurrents des PM 10 et des PM 2,5, ainsi que des NO2 en 2010. Les PM 10,  particules émises par les transports, étaient jusqu’à présent considérées comme les plus meurtrières. Les études menées par l’Institut de veille sanitaire viennent de montrer que les PM 2.5, encore plus fines, sont encore plus dangereuses, car elles se stockent dans les alvéoles pulmonaires et sont capables de franchir le flux sanguin et de s’accumuler dans le foie, dans le cerveau, et dans les reins.
En ce qui concerne l’ozone, des dépassements de la valeur seuil sont régulièrement observés sur l’ensemble de la zone, jusqu’à 70 jours de dépassement à Passy et à l’aiguille du midi ! C’est si préoccupant, que l’association vient d’obtenir un plan de protection de l’atmosphère (PPA). C’est la première fois qu’un tel plan est mis en place en France hors agglomération importante. 41 communes sont concernées par ce PPA qui met en place des mesures de protection.
L’impact du routier est prépondérant sur les études faites par Air-APS avec 80% des émissions venant des NOx. L’industrie est également un facteur important sur cette zone. En 2011, on vient de battre le record de passage de poids lourds en transports fret international depuis la réouverture du tunnel, après la catastrophe en 1999. En 2011 on a également battu le record de passage de voitures depuis la création du tunnel en 1965. Il n’est donc pas étonnant que la situation ne cesse de s’aggraver.
Quatre voies sur toute la vallée et des essieux de trains sur les camions : dans la vallée de l’Arve, on ne met pas des camions sur les trains mais des bouts de trains sur des camions (diaporama) !
Le Mont Blanc est en projet de classement à l’UNESCO et il est question que le site soit classé au patrimoine mondial de l’humanité, mais la vallée de l’Arve est asphyxiée, Ce n’est pas du catastrophisme, c’est un constat! Le 26 mai 2011, 2280 camions. On arrive à des pointes en milieu de semaine à 2600 camions/jour.
    L’Etat français est en demeure de payer 30 millions d’euros d’amende à la Cour de justice européenne et cette zone, parmi les 15 autres incriminées, contribue largement à cette pénalisation. On est aussi sous le coup de 300.000 euros d’astreinte par jour de dépassement des PM10 et cela donne 300 fois 300.000 euros en Juillet 2011.

Un débat s’instaure ensuite. Il est précisé que la frange urbanisée des Alpes Maritimes est une des 15 autres zones concernées en France par les pénalités dues à la Cour de justice de l’Union européenne, pour de trop fortes émissions de particules fines. Cette condamnation n’est pas encore effective: s’il y a démonstration de l’absence de dépassement des Valeurs Limites des PM10 en 2013, alors il n’y aura peut-être pas d’amende.  

Madame Chemallé, administratrice de l’association REN : Il est important aussi de savoir qu’il existe pour l’ozone un seuil qui, lorsqu’il est dépassé, met la végétation en danger. Ce seuil est plus bas que celui qui concerne la santé humaine : il est dépassé très souvent. La vallée de la Roya est d’une richesse botanique remarquable et il est de notre devoir de la préserver.
Le constat de ce qui se passe dans la vallée de Chamonix, même si cette vallée est également impactée par les polluants industriels, nous donne un aperçu de ce qui pourrait s’installer dans la Roya après l’ouverture des 4 voies prévues au tunnel de Tende, avec une circulation qui progressivement risque d’impacter toute la vallée.Si on augmente de 50% la circulation à l’horizon 2025 comme c’est prévu dans l’étude d’impact en cas du doublement réalisé, on aura très probablement alors, en plus des dépassements d’ozone, des dépassements de particules fines. On peut penser que 4 voies au tunnel, cela aboutira, tôt ou tard, comme au Mont Blanc, à 4 voies sur l’ensemble de la vallée, donc une vallée défigurée. Nous voulons continuer à faire entendre nos arguments et à demander le report du trafic sur le rail, avec la ligne de chemin de fer qui est présente et en collaboration avec les italiens qui ont des propositions à nous faire dans ce sens.

    Il nous est fait part d’un message de solidarité avec les luttes que nous menons que nous adresse Mr Stephano Sibilla, Président du comité des trains des Alpes Ligures. L’idée est d’améliorer le train avant tout pour permettre une véritable libération des vallées alpines du trafic poids lourd. Mr Sibilla a envoyé à l’association REN un court diaporama qui indique la présence d’une voie de chemin de fer en Ligurie, parallèle à notre ligne ferroviaire. Notre ligne n’est pas électrifiée et comporte une pente de 26%, avec une altitude maximale de 1040m. Cette voie parallèle, qui relie Savona à Turin, est, elle, déjà électrifiée, comporte les mêmes pentes que la nôtre mais avec une altitude maximum de 515m, donc 2 fois plus basse que la nôtre. Elle pourrait être un axe pour le fret sur le rail. En maximisant ces deux lignes, on aurait deux axes ferroviaires possibles complémentaires pour le fret et le trafic voyageurs.

    Mr Molinari, secrétaire scientifique du GIR Maralpin, indique que sur le littoral, le transit poids lourds international est énorme : il est égal, à Vintimille, à la somme du trafic du Mont Blanc et du Fréjus. Le franchissement de Vintimille est un pari colossal. On va peut être le traiter d’une autre manière, grâce au projet de la LGV Paca. Le GIR Maralpin fait partie de ceux qui se battent pour que ce projet prenne en considération le fret. Ainsi, il serait possible de reporter de la route vers le rail une partie importante du transit international. Une grande consultation publique s’amorce lundi, qui va durer seulement un mois. La première rencontre a lieu lundi à Menton, puis les 24 et 7 février, de 14h à 18h salle du Louvre à Menton, et la dernière à Nice le 16 février à 19h, au Boscolo Hôtel Park de Nice. Mr Molinari invite les habitants de la Roya à participer à ces réflexions. Le report de la route vers le rail est très important et si on aboutit sur le littoral, ce ne sera pas sans incidence sur le transit entre le sud du Piémont et la riviéra. L’amélioration de la ligne Cuneo Vintimille, qui sera un affluent de la nouvelle ligne du littoral, est un enjeu à plébisciter très important.

    Mr Costa intervient au sujet de la LGV Paca, il considère que c’est un énorme gâchis d’espaces et de terroirs pour gagner seulement un peu de temps, et se demande si le projet est bien raisonnable.

    Le transport routier alpin est en échec, démontré entre autres par la catastrophe écologique que subissent les vallées de la Maurienne et de l’Arve. Plusieurs intervenants disent que puisque cela est prouvé, alors pourquoi continuer avec ce projet de doublement à Tende ? REN répond que sur un budget total de 240 millions d’euros, la part française pour l’ensemble du projet a été évaluée à 106 millions d’euros. Les investissements nécessaires à l’amélioration de la ligne Nice Breil Cunéo sont évalués à 143 millions d’euros. REN a demandé à ce que les budgets du doublement soient attribués au rail. Nous devons intervenir auprès de nos élus pour qu’ils prennent position, une nouvelle pétition va être lancée dans la vallée de la Roya.

    L’association REN a déposé une plainte à la Commission Européenne Service Natura 2000, motivée par le fait que bien que les cinq sites de la Roya étaient déjà sélectionnés, aucune évaluation d’incidences n’a été demandée dans le cadre de l’étude d’impact par rapport au projet.

    La question est posée de savoir comment les élus envisagent le contournement des villages.
REN répond que seul le contournement de Fontan est préconisé dans le Schéma de cohérence territoriale de la Riviera française et de la Roya (Scot). Il faut savoir que les préconisations du Scot n’ont pas de valeur contraignante. Quant aux Orientations du Scot (seules les orientations sont opposables aux tiers), elles sont on ne peut plus vagues : il est dit que « les aménagements devront être poursuivis sur la RD204 : ceux visant l’amélioration des conditions de circulation, et ceux destinés à renforcer la sécurité dans la traversée des espaces habités, notamment à Breil-sur-Roya, Fontan et Tende ».
Et d’autre part, il n’y a aucun financement prévu pour les contournements des villages.
Certains élus parlent de faire une réglementation pour interdire les très gros poids lourd, mais quand on sait que Mr Chirac avait déclaré que plus aucun camion ne passerait sous le Mont Blanc, on se demande quel est le pouvoir des élus face aux lobbys routiers, une fois que l’accès est créé!
Il est rappelé que la sécurité dans le tunnel, c’est une chose, mais que la sécurité de l’ensemble de la vallée, des habitants, des enfants qui sortent de l’école, c’est aussi une réalité qu’il faut prendre en compte et qui doit peser tout autant dans le choix des solutions. La sécurité du tunnel pourrait être réglée avec seulement deux voies de circulation, donc il est très important de revoir le projet de façon à ce qu’on ne se retrouve pas avec 4 voies de circulation.

    Sur la question de la sécurité : Simon Métral nous informe du fait que le tunnel du Fréjus est de 9m de large. Il a été dit, il y a trois ans, que pour le sécuriser, on allait construire une galerie de sécurité parallèle. Il a été proposé à l’ARSMB, lors des concertations avec l’ancien ministre des transports Mr Perben, une galerie de sécurité de 4m20 de large que l’ARSMB a accepté. A la réunion suivante, il a été annoncée que cette galerie fera désormais 8 m de large ! Mr Perben, questionné par les administrateurs de l’ARSMB sur cette nouvelle donne, leur a signé un papier disant que cette galerie de sécurité ne sera jamais mise à disposition de la circulation. Les travaux ont commencé et les élus locaux ont la franchise de dire aujourd’hui qu’elle sera mise en circulation… Donc, sécurité très bien, mais on doit faire attention à ce que nos élus ont dernière la tête.
REN évoque le courrier, daté d’octobre 2011, de Mr Mariani, Ministre des transports : suite à nos arguments attestant que le trafic n’est pas suffisant pour justifier la mise en place d’un bi tube, il déclare que, quel que soit le trafic, une galerie de sécurité est nécessaire . Et là, on se trouve bien dans la problématique soulevée au Fréjus, sauf qu’on nous annonce franchement et directement les 4 voies de circulation.
Mr Metral signale que la galerie de sécurité du Mont Blanc fait 1m20, ce n’est certes pas le même processus de sécurité : au Mont Blanc, le système est très fiable et d’autres dispositions ont été prises que la galerie (aires de retournement, aires de refuge…)
Mr Métral précise enfin qu’au Mont Blanc, le tunnel n’a absolument pas favorisé l’économie locale. Les commerçants, d’abord persuadés que le projet allait leur être bénéfique, l’ont dans un premier temps plébiscité. Pour ensuite très vite déchanter. Au final, il est resté les nuisances, pour très peu d’apport économique.

    Le débat se clôt sur la remarque que lors des discussions sur ce projet il y a 20 ans, la problématique des traversées alpines n’était pas encore face à l’évidence des gros problèmes d’impacts sur la santé et sur l’environnement causés par des transports routiers débridés. Il faut donc continuer à interpeller les décideurs, et demander une concertation publique pour discuter de tous les aspects du projet qui n’ont pas fait l’objet d’une véritable étude, et qui menacent la bonne continuité écologique de nos milieux de vie patrimoniaux ainsi que notre santé.

Compte-rendu de la réunion organisée par le « Gruppo Oltre » à Vernante

Tenda Bis : débat entre Vallée de la Roya et Vermenagna

Vernante 29 octobre 2010
80 à 90 participants – Une interprète francais-italien

Ouverture de la réunion par Sergio Dalmasso , président du Gruppo Oltre :
Interpellée par la manifestation ayant eu lieu a Tende à l’initiative de REN au mois d’août 2010, l’association a souhaité inviter les habitants du versant italien du col de Tende à une rencontre. Constatant qu’il y a peu de débat sur le sujet du tunnel routier du coté italien, ils organisent la réunion pour échanger les points de vue et les arguments. L’association Gruppo Oltre n’a pas encore pris position.

Présentation des intervenants par Alberto Collidà, membre du conseil d’administration de ITE et animateur de la réunion : annonce des interventions suivantes
- REN vallée de la Roya
- GIR Maralpin
- Association Si-Dav : vallée du Col de Larche (Maddalena)
- Intervention des élus italiens présents : Président de Communauté de communes « Alpi del Mare » (vallées du Gesso et de la Vermenagna) et Maire de Roccavione
- Intervention des partis politiques : Europe Ecologie
- Parole à la salle

REN
Zoé Chemallet présente l’association et explique la démarche d’information et sensibilisation des habitants pour défendre une alternative au double tunnel.

Gir Maralpin
Jacques Molinari présente la situation actuelle du trafic dans le tunnel et les vallées, démontrant qu’il s’agit d’un trafic pendulaire sur les week-end, que le nombre de camion reste stable en raison des temps d’attente dissuasifs. Il est rappelé que le nombre de véhicule ne justifie pas le doublement.

Il évoque ensuite les caractéristiques de la ligne de chemin de fer, et du tunnel de base, et ses performante par rapport au Loetschberg et au Mont Cenis, concluant aux atouts de la ligne. Il est possible d’y faire circuler plus de trains ainsi que des navettes de véhicules.

Il revient sur l’historique de l’aménagement du tunnel, et rappelle les différents conflits entre politiques s’agissant des solutions. ; en particulier le refus de MM. J. Balarello et P. Allemand de ‘accepter une solution de re-alésage proposée par l’ANAS.

Enfin il rappelle les alternatives de sécurisation en les illustrant par de exemples de réalisation à travers l’Europe.

Si-DAV
Cette association relaie une demande ancienne (plus de 30 ans..) de contournement des villes de Demonte et Vinadio, sur la route du col de Larche. Avec le succès de la société qui met en bouteille l’eau de Sant’Anna di Vinadio, les villes sont traversées par un intense trafic de camions. Les riverains souhaitent un contournement par tunnel qui n’est toujours pas d’actualité, malgré les promesses des élus…

Débat
Les élus ne souhaitent pas s’exprimer avant que la parole soit donnée à la salle.

M. Paolo CHIARENZA Secrétaire de La Destra provincia Piemonte
Il s’étonne que Le Gruppo Oltre ait déclaré qu’il y avait peu de débat sur le tunnel routier. Il fait un long rappel de ce qui a été dit depuis 20 ans ; s’emporte un peu sur les atermoiements, regrette que Ballarello et Allemand aient fait échouer la proposition de re-alésage de l’ANAS et déclare qu’il est temps de faire le doublement.

REN
Leonor Hunebelle revient sur les arguments concernant la pollution de l’air, la présence d’ozone en dépassement des seuil mesurée sur les massifs, elle ajoute que les sommes économisées par l’abandon du doublement seraient largement utiles sur l’amélioration et l’électrification de la Voie ferrée.

M. Ugo Boccacci, Présidente de la Communita montane Alpi del Mare
M Ugo Boccacci se déclare très content des propos de Leonor sur la voie ferrée.
Il rappelle que cette ligne a été reconstruite par l’Italie et que son fonctionnement actuel est à la charge de l’Italie. Il ajoute pour anecdote que les administrations plaisantaient sur le fait qu’ils payaient même le papier toilette de la gare de Breil sur Roya. Il appelle de ses vœux un implication des autorités françaises pour l’électrification, y compris sur Breil Nice.

A propos du routier, il reprend, avec plus de calme les propos du conseiller de Cuneo.
Regrette que la solution de re-alésage n’ai pas été retenue, « à cause des français », et déclare que ce doublement permettrait de fournir de travail en cette période de crise…

Mme. Germana Avena Maire de Roccavione
Germana Avena dit elle aussi avoir suivi toutes les discussion et péripéties sur le tunnel routier. Dans toutes le réunions où elle était présente, elle a insisté sur la nécessaire limitation du transit de poids lourds. Elle dit avoir eu le sentiment d’être bien seule dans ce combat, y compris auprès de certains riverains qui voyaient surtout dans l’augmentation du trafic un intérêt économique.

REN
Zoe revient sur les préoccupations de l’association Si-DAV et constate qu’on refuse la création de tunnels de contournement dans la vallée du col de Larche. C’est ce qui risque aussi d’arriver dans la Roya : avec le doublement on aura sécurisé le tunnel, mais l’augmentation du trafic induit aura rendu le reste des vallées encore plus dangereuses et personne ne voudra financer des tunnels de contournement. D’un coté il n’y a pas de financement pour des riverains qui subissent un trafic intense, de l’autre on veut faire un tunnel qui mettra d’autres populations dans la même situation.

Un conseiller municipal d’opposition en cours de mandat ( pas retenu la Ville)
L’intervenant se demande si REN n’est pas opposée à toute amélioration du tunnel. Il dit utiliser ce passage de façon régulière pour son travail et être pénalisé par l’attente due au trafic alterné. Pour lui, les touristes du WE peuvent attendre, mais pas les entrepreneurs. Il souhait le démarrage des travaux.

Europe Ecologie
Catherine Rainaudo présente le mouvement et précise qu’il est compte par 16 conseillers à la région PACA. Elle explique que le choix politique du doublement du tunnel va à l’encontre des préoccupations de préservation des ressources naturelles et de la biodiversité. Pour ces raisons le groupe EE a pris position contre le doublement du tunnel et se propose de demander la suppression des crédits lors du débat budgétaires à la région.
Concernant la ligne ferroviaire, le vice président de région délégué aux transports est en train de prendre contact avec ses homologues du Piémont et de la Ligurie; on vise une liaison Nice Cuneo sans changement à Breil.

Une personne du public
La personne déclare qu’il n’est pas nécessaire de faire un autre trou dans la montagne pour améliorer l’économie de la vallée ; il faut produire et consommer local.

Fin de la réunion