Communiqué de presse : De la nécessité de faire de l’éco compostage dans nos territoires

Dans le cadre de la Semaine Européenne de Réduction des Déchets, les associations France Nature Environnement Paca, Région Verte et Roya Expansion Nature ont projeté le 19 novembre à Breil le film « Trashed » réalisé par Jeremy Irons. Ce film fait état des impacts catastrophiques des politiques mondiales d’élimination de nos déchets.  Il traite des impacts de l’incinération, notamment la production de dioxine dont les effets dévastateurs sont tristement évoqués par les conséquences de l’agent orange dispersé lors de la guerre au Vietnam. Il s’applique à montrer les effets des décharges, des déversements et des enfouissements, en particulier les résultats sur les espèces marines des milliers de tonnes de plastic qui arrivent dans les océans. 

trashed

Le film a été précédé d’un apéro-débat, une trentaine de personnes étaient présentes, dont deux élus de Breil.  Les associations avaient invité la chargée de l’environnement et des déchets de la Communauté d’Agglomération de la Riviera Française et de la Roya (CARF), qui avait décliné l’invitation mais avait cependant répondu à certaines de nos questions par mail, et en particulier celle sur l’absence de création d’unités de compostage dans le Plan d’Aménagement et de Développement Durable (PADD) Version 6 du Schéma de Cohérence Territoriale (SCOT) de la CARF en cours d’élaboration. Les SCOT sont très importants car ils déclinent les politiques d’aménagement qui vont être menées pendant 20 ans sur un territoire.

La CARF nous a répondu que « les process de compostage d’ordures ménagères nécessitent la création de sites classés ICPE et des minimums significatifs de tonnages à traiter pour en rendre le coût acceptable. «  La réponse de nos associations est que notre production de déchets humides sur la CARF est si importante (1 à 2/3 de nos poubelles grises) que l’on voit mal comment on ne pourrait pas dégager le tonnage nécessaire à faire fonctionner une à trois unités de compostage sur ce territoire. C’est d’ailleurs ce que recommande l’Etat Initial de l’Environnement (EIE), document d’analyse du territoire, et on peut se demander à quoi servent ces coûteuses études si elles ne sont pas suivies d’effet.

Certes, le compostage à un coût, mais pas plus important que le coût d’élimination des déchets de la CARF qui a augmenté de 25% à cause du transport d’une grande partie d’entre eux par camions, depuis des années, vers les Bouches du Rhône et maintenant le Vaucluse. A ce sujet, les élus du Plan d’Elimination des Déchets du 06 nous ont dit qu’il était impossible de les transporter par train, mais est-ce bien réel quand on transporte des quantités de matière ainsi pendant des dizaines d’années sur des centaines de kilomètres ? De plus, les coûts indirects de l’incinération sur la santé ne sont pas pris en compte dans les coûts globaux des politiques de déchets.

« Trashed » expose très clairement les dangers que fait subir l’incinération aux populations et aux terres proches de ces installations via la présence de nanoparticules dans les fumées qui ne sont pas assez retenues par les filtres dont on dispose actuellement et les résidus (mâchefers) chargés de toxiques. De plus, une grande quantité de déchets humides compromet l’incinération en abaissant le pouvoir calorifique ; il faut alors utiliser un combustible pour brûler les fermentescibles. D’où une ardoise carbone négative et la production de cendres dont le coût sera très élevé à mettre en décharge de classe 1 à Nîmes-Bellegarde, contrairement au recyclage naturel par compostage qui ne génère aucun déchet et permet l’amendement des sols pour les jardins publics et les particuliers qui peuvent aussi s’en servir pour leurs potagers.

Il existe des éco composteurs de toutes tailles : individuelles pour les particuliers, collectifs pour les villages de quelques centaines d’habitants, jusqu’aux installations classées pour les plus gros tonnages. Un centre d’étude existe à Digne qui permet une meilleure approche du matériel correspondant au volume à traiter. Il nous apparait très important que la CARF les contacte pour avis sur nos possibilités de compostage local, et que nos élus réservent du foncier dans les Plans Locaux d’Urbanisme pour les unités de compostage futures nécessaires à nos territoires.

 

Pollution par le chantier du tunnel de Tende : lettre au service de la police de l’eau

Chantier des lacets du col de Tende:
Constat de déversement dans un cours d’eau 

Constats concernant les rejets :

Des opérations de purge des poches d’eau situées dans le volume du futur tunnel, qui ont commencé à l’automne 2014, sont réalisées à partir de forages effectués depuis le tunnel actuel. Le rejet des eaux de drainage a été fait directement dans le Vallon de Cannelle, milieu naturel, en utilisant l’exhaure d’une ancienne venue d’eau.

Notre association a effectué un premier constat en juin 2015 suite à des observations d’eaux troublées dans la Roya à Vievola. L’analyse des rejets a montré la présence de sulfates en quantité supérieure aux valeurs autorisées.

La préfecture des Alpes-Maritimes s’est engagée à rendre les rejets conformes, après notre recours auprès du TA de Nice en octobre 2015.

En juin 2016, constatant que les rejets étaient toujours présents, nous avons contacté l’ONEMA pour une observation commune. D’autres visites ont suivi, avec les mêmes constats, dont nous avons fait part au service de la police de l’eau à la préfecture.

En juin, un éboulement a eu lieu dans le tunnel, rendant nécessaire l’enlèvement de 1500 m3 de boue.

Le 3 octobre nous avons pu constater que le rejet dans le vallon avait fortement diminué (moins de 1l/s), même si l’eau est toujours aussi troublée. Une noria de citernes évacue de la boue et/ou de l’eau vers l’Italie. Nous ignorons s’il s’agit de la poursuite des opérations concernant l’éboulement ou si ce sont les eaux de drainage qui sont évacuées ainsi.

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Il n’en reste pas moins que la buse d’exhaure n’est toujours pas raccordée au bassin de décantation, vide à ce jour.

Les figures 1, 2, 3, 4, 5 et 6 montrent l’aspect de la bouche de rejet dans le vallon de Cannelle ainsi que le flot qui en sort, respectivement les 3 octobre,12 aout, 30 et 2 juillet, 27 et 4 juin 2016.

Figure 1 : Exhaure dans le vallon de Cannelle le 3 octobre 2016

Figure 1 : Exhaure dans le vallon de Cannelle le 3 octobre 2016

Figure 2 : Exhaure dans le vallon de Cannelle le 12 aout 2016

Figure 2 : Exhaure dans le vallon de Cannelle le 12 aout 2016

Figure 3 : Exhaure dans le vallon de Cannelle le 30 juillet 2016

Figure 3 : Exhaure dans le vallon de Cannelle le 30 juillet 2016

Figure 4 : Exhaure dans le vallon de Cannelle le 2 juillet 2016

Figure 4 : Exhaure dans le vallon de Cannelle le 2 juillet 2016

Figure 3 : Exhaure dans le vallon de Cannelle le 27 juin 2016

Figure 5 : Exhaure dans le vallon de Cannelle le 27 juin 2016

Figure 6 : Exhaure dans le vallon de Cannelle le 4 juin 2016

Figure 6 : Exhaure dans le vallon de Cannelle le 4 juin 2016

 

Projet du SCOT de la CARF

Le projet de Schéma de Cohérence Territoriale de la Communauté d’Agglomération de la Riviera française a été présenté au public lors de réunions tenues en janvier et février 2016 dans les villes de la vallée. Le document de support de ces réunions est ici: SCOT Document d’information du public.

La demande de participation de notre association aux débats a été acceptée, du fait que nous ayons un agrément pour représenter les enjeux environnementaux.

 

Demande d’audit à la cour des comptes

REN vient de demander à la Cour des comptes un audit sur le chantier de doublement du tunnel routier du col de Tende. 

Lien vers le courrier complet

Extraits

…. Les signataires de ce courrier souhaitent porter à votre attention l’utilisation des fonds publics dans un projet qui, d’après nous, ne devrait pas voir le jour pour les raisons exposées dans l’argumentaire qui suit.

…. La conduite du chantier, confiée à l’A.N.A.S., n’est pas correctement maitrisée par le maître d’ouvrage. Quant au coût des travaux, il est tenu dans l’opacité la plus totale.

Nous avons décidé de nous adresser à vous à la suite d’un article paru en décembre 2015 dans Provincia Oggi (Annexe 1), qui donnait la parole à Franco Biraghi, Président de Cofindustria, organisation représentant les entreprises de la Province de Cuneo, et à Luca Chiapella, coordinateur du Comité de pilotage du chantier de doublement du tunnel de Tende.

Tous deux s’accordent pour dénoncer l’allongement démesuré de ce chantier depuis son ouverture il y a 6 mois, et émettent des doutes quant à la détermination du maître d’ouvrage à conduire cette opération à son terme. Au rythme d’avancement actuel, ce chantier qui a pris des années de retard pourrait durer jusqu’en 2027!

Une autre interrogation concerne les 65 500 m3 de déblais composés d’anhydrite extraits lors du percement du côté français. A l’origine ils devaient être évacués par train sur les cimenteries de Peille en France, c’est sur ce scénario que reposait l’étude d’impact pour la DUP de 2007. Puis, en 2010, la destination a changé pour un site à Asti en Italie, avec transport par train. Mais tout récemment, pour une raison que nous ignorons, ce projet a été abandonné pour un transport par camions.

Les impacts environnementaux n’ont jamais été évalués. Les coûts liés au transport, dont il nous a été dit qu’ils n’apparaissaient pas dans le coût de l’ouvrage stricto sensu, vont donc forcément évoluer.

Nous craignons que le coût initial de 196 M avancé par la DREAL PACA en 2008 (Annexe 2), identifié à 209 M€ par L’ANAS en 2010, n’aient en fait véritablement explosé et ce, en dépit du non-respect de l’échéancier du travail.

C’est pourquoi nous vous saisissons aujourd’hui d’une demande de réalisation d’un audit sur les coûts déjà imputés à l’Etat français, au Conseil régional PACA et au Conseil départemental des Alpes-Maritimes, par rapport à l’état d’avancement desdits travaux et à l’opportunité de les réaliser comme prévu.

 

Contestation de l’opportunité

L’augmentation du gabarit et la suppression de la circulation alternée vont permettre à la voie de capter une part beaucoup plus importante du flux routier de transit international en direction de ou au départ de Vintimille. C’est par ce nœud au Sud des Alpes, le deuxième en quantité de fret routier après le Brenner, que passent les marchandises circulant sur l’arc du littoral méditerranéen.

La circulation de transit par le col, qui relie Vintimille et la plaine du Pô sans péage, est déjà avérée par les immatriculations des poids lourds empruntant la vallée, mais elle est limitée par la hauteur du tunnel et les temps d’attente induits par la circulation alternée.

Le trafic est à ce jour de 3600 véhicules/jour, donc 160 poids lourds. L’estimation de l’étude d’impact de 2007 est de 4700 véhicules/jour, dont 220 poids lourds à l’ouverture des deux tubes.

Si des documents récents émanant de la préfecture des Alpes-Maritimes reconnaissent enfin que l’augmentation du trafic constitue un problème, les chiffres sont visiblement sous-estimés.

En 1998, le rapport Brossier conseillait de sécuriser le tunnel routier existant par une galerie d’évacuation des piétons et de se contenter d’un simple réalésage, sans augmentation de capacité. Mais en 2001, la CIG préconise une solution de double galerie sans qu’une évaluation de l’option à un seul tube n’ait été effectuée.

Aucune évaluation d’incidence n’a été conduite pour vérifier l’opportunité d’un tel projet au regard des impacts sur l’ensemble de la vallée, sur la qualité de l’air, la biodiversité, le bruit, la sécurité dans la traversée des villages.

La qualité de l’air sur tout le secteur mesurée par Air Paca est moyenne à médiocre une bonne partie de l’année. Les masses d’air en provenance du littoral et du Piémont transportent une pollution chronique à l’ozone qui dépasse depuis 12 ans les valeurs cibles autorisées par la commission européenne (Annexe 3). Ce projet constitue un facteur d’aggravation du phénomène.

Concernant la sécurité dans le tunnel, le dernier rapport de la commission de sécurité de la CIG, en 2011, établit que le tunnel existant est sécurisé compte tenu des mesures qui ont été prises (alternance totale, caméras de surveillance reliées à un central, postes de pompiers aux entrées,…).

D’autre part la norme européenne du double tube ne s’applique pas: le trafic dans le tunnel est actuellement inférieur 10 000 véhicules/jour/voie, et un tel volume ne peut pas être envisagé, même dans un futur lointain, car il ne serait pas supporté par les étroites vallées alpines qui conduisent au tunnel.

Contestation du choix d’infrastructure

Sur le même parcours Breil-sur-Roya, Tende, Cuneo, le passage entre la France et l’Italie est équipé d’une voie ferrée qui fut électrifiée jusqu’en 1943. Après les destructions occasionnées par la guerre, la reconstruction s’est opérée sur la base d’une convention entre les gouvernements français et italien, celui-ci acceptant de prendre à sa charge les réparations sur le tronçon entre Breil-sur-Roya et Tende sans toutefois l’électrifier 1.

Jusqu’à l’automne 2013, 16 trains italiens circulaient par jour, reliant Cuneo à Vintimille. En correspondance avec les trains français en gare de Breil-sur -Roya, ils permettaient l’aller-retour journalier entre Nice et Turin.

Mais un désaccord entre les deux Etats sur le financement de la maintenance de l’infrastructure en territoire français a conduit à sa dégradation progressive et à une limitation de la vitesse sur le parcours Breil-sur-Roya/Tende à 40 km/h. Les autorités régionales italiennes et Trenitalia décident alors la réduction du nombre de trains à 4 par jours. La région PACA et SNCF réduisent le nombre de trains entre Breil-sur-Roya et Tende. La ligne ne remplit plus sa fonction.

La somme nécessaire pour permettre les premières réparations d’urgence et éviter la fermeture de la ligne a finalement été débloquée en début 2015 par le gouvernement italien (29 millions d’euros). Le contrat de plan Etat Région prévoit d’apporter une somme équivalente : 9 millions de l’Etat, et 9 millions de la région PACA sont acordés. Mais à ce jour le Conseil Départemental des Alpes-Maritimes n’a toujours rien versé, en dépit de ses promesses faites lors de la dernière réunion de la CAFI à Nice.

Mais le coût des travaux pour lever la limitation de vitesse à 40 km/h n’est pas couvert par ces financements. A ce stade, la mise en place d’une liaison franco-italienne efficace et l’électrification semblent hors de portée financière, alors que celles-ci figurent dans les objectifs de la DTA des Alpes-Maritimes.

Il faudrait au moins 120 millions d’euros pour que cette ligne soit en mesure de relier en deux heures Nice et Vintimille à Turin et qu’il soit envisageable d’y faire circuler du fret.

En conclusion

Les 120 millions d’euros nécessaires pour la ligne ferroviaire paraissent sans commune mesure avec les 209 millions d’euros, ou plus, que les deux Etats s’apprêtent à investir sur le routier.

Les fonds public sont donc prioritairement dépensés sur un projet routier qui menace la biodiversité et la qualité de l’air. Sur ce dernier point il est à noter que les niveaux inquiétants de pollution de l’air dans les Alpes-Maritimes et en Région PACA en font des collectivités qui seront redevables de lourdes amendes à la Cour de justice de l’Union Européenne pour dépassement des seuils.

Le projet se fait au détriment d’un besoin de transport collectif existant qui, lui, est conforme aux recommandations de la Convention Alpine, à la politique de report modal de la route vers le rail prônée par le gouvernement, et aux préconisations des récents schémas nationaux et régionaux des infrastructures de transport.

 

 

Lien vers le document complet

Ne fermez pas les gares !

Une fois de plus la logique comptable oriente les choix en matière de transports collectifs et contredit les discours en faveur de l’environnement.

La SNCF décide de fermer des gares pour faire des économies. La nouvelle majorité régionale, qui a la compétence pour la gestion des TER, ne bronche pas…

Avec des décisions qui vont à l’encontre des orientations prises lors de la COP 21, c’est l’accès aux transports collectifs qui est progressivement réduit.

Dites non à la fermeture des gares:

http://www.petitions24.net/non_a_la_fermeture_saisonniere_des_gares

http://www.petitions24.net/non_a_la_fermeture_des_gares

 

Appel à soutien

Suite aux constats de pollution que nous avons faits dans le vallon de Cannelle au col de Tende, nous avions lancé un recours devant le tribunal administratif.
La préfecture des Alpes-Maritimes a reconnu les irrégularités dans la conduite du chantier qu’elle n’avait pas été capable d’identifier avant les constats de notre association. Elle a imposé des travaux d’urgence au maître d’œuvre quelques jour avant l’audience. C’est ce que retient le jugement : la justice fait confiance à la préfecture pour réparer les erreurs que celle-ci n’a pas su détecter faute de surveillance !
Nous avons donc été déboutés. Le résultat est décevant, mais nous avons quand même pu démontrer les irrégularités dans la conduite des travaux, qui elles n’ont pas été niées ; si nous n’avons pas abouti à l’interruption des travaux, nous avons quand même contraint la préfecture à imposer la mise en conformité.

Il n’en reste pas moins que nous continuons à nous battre,
Nous avons lancé une nouvelle pétition en ligne  voici le lien :

  Certain d'entre vous l' ont déjà signé sur papier, merci à vous!

Nous avons également besoin de votre soutien financier, voici le lien d’une nouvelle collecte en ligne:

  => Site de collecte HelloAsso
vous pouvez egalement nous adresser un don par courrier :
Association REN, 15 rue des anciens combattants, 06540 Saorge.

La somme récoltée grâce à vous va nous permettre de payer l’avocat pour ce recours et d’ analyser les suites à donner, en particulier sur la questions des déblais et de leur transport.

Nous vous remercions d’avance pour votre engagement à venir.

Tunnel de Tende : une avancée, deux mythes … et une mise en garde venant du Mont Blanc

Lien vers la présentation en version PDF reprenant les arguments de REN =>  Ici

Une avancée
Plus personne dans la vallée ne doute du fait que le projet, tel qu’il est conçu actuellement va provoquer une augmentation du trafic routier, un appel d’air aux camions.
Associations, maires, élus départementaux, voire même la Carf se positionnent pour en mettre en avant les conséquences   :
plus de trafic, se traduira par plus de pollution, une atteinte grave à la santé et à la  qualité de vie dans les vallées, des problèmes de sécurité sur l’ensemble de la route, qui n’a pas été conçue pour soutenir un trafic grandissant.
Ceci est déjà en soi une belle avancée. Elle devrait permettre enfin une réelle concertation sur ce projet comme nous le demandons depuis des années sans être jamais entendus.
Deux mythes
Face à ce constat, il est suggéré de transformer le projet ; on parle soit d’accepter un nouveau tunnel et de laisser l’ancien à usage de sécurité, soit de régulation du trafic. Or ces demandes formulées se basent selon nous sur deux mythes :

MYTHE 1 : LE TUNNEL ACTUEL EST DÉLABRÉ, DANGEREUX
La première chose à dire, c’est que dans ce monde où chaque administration se protège , il serait bien insolite qu’ un tunnel dangeureux soit maintenu en circulation.
Le projet du tunnel de Tende est géré par la Commission Intergouvernementale des Alpes du Sud ; en son sein , la sécurité du tunnel est suivi par un comité dédié sécurité dont nous avons obtenu l’avis  daté d’août 2011. Celui ci rapporte que le tunnel a fait l’objet d’une mise en sécurité, notamment avec la mise en place des panneaux indicatifs lumineux, de la ventilation, des caméras, de la salle opérationnelle de surveillance de l’ANAS à Turin, permettant le contrôle et le commandement à distance du tunnel, et enfin la mise en place de l’alternat total. Maintenant il y a un poste de pompiers côté italien ; et donc le seul élément retenu en réserve lors de l’ avis favorable de sécurité qui a bel et bien été donné, reste la vérification de la résistance au feu de tout le câblage présent dans le tunnel.  On est loin du tunnel délabré et dangereux auquel on veut nous faire croire.
Afin d’avoir les derniers dossiers de sécurité, nous avons fait une demande. Devant la non réponse nous avons contacté la CADA, qui a estimé que ces documents n’étaient pas consultables par le public car ce sont des documents internationaux.
Puisqu’une association comme la nôtre, qui est une association agréée au titre de la protection de l’environnement, dans un cadre départemental, par la Préfecture des Alpes Maritimes, n’a pas été autorisée à les consulter, ne serait il pas primordial, avant d’affirmer une vétusté dramatique du tunnel, que des élus demandent eux mêmes à avoir accès à ces derniers documents. L’importance en est de taille car c’est sur ce mythe que la destruction probable de notre vallée risque de se baser.

MYTHE 2 : LA RÉGULATION DU TRAFIC APRÈS L’OUVERTURE DU NOUVEAU TUNNEL
C’est beau, nous aimerions y croire. Mais la situation actuelle des traversées alpines, c’est toujours plus de camions, toujours plus de pollution. Des promesses de régulations avaient été faites pour le tunnel du Mont Blanc, jamais tenues ! On  a vu se monter une véritable escroquerie politique avec le projet du petit tunnel de sécurité du Fréjus, qui s’est révélé être finalement un doublement du tunnel du Fréjus. Il est question du doublement du tunnel du Mont Blanc et de celui du Gothard.
Au Fréjus, comme au Mont Blanc, les habitants payent cash les mensonges d’avant projet par un trafic grandissant, une pollution de l’air inarrêtable, une vallée condamnée, et un pays du Mont Blanc usine à gaz. Là il n’est plus question de fiction, mais de réalité vraie.

C’est pour ces raisons que nous n’avons pas signé le mémoire interassociatif du 1er septembre 2015, car même si celui-ci obtient une réponse favorable, nous n’avons aucune confiance dans la tenue des promesses qui seraient faites.
Le creusement d’un nouveau tube est à notre avis quelque chose qu’il faut absolument refuser. L’appel d’air au trafic ainsi créé ne sera pas gérable, même si tous les élus locaux le demandent.
Le maintien de l’alternance au tunnel a permis ces dernières années de réduire le trafic en Roya, c’est un dispositif qu’il est important de conserver car il nous protège d’une augmentation du trafic par son caractère contraignant. Il est souvent dit que l’attente au tunnel est insupportable, mais si elle n’existait pas, nous perdrions encore plus de temps à circuler à petite vitesse tout le long de la Roya derrière des camions plus nombreux et impossibles à doubler.

Si les dirigeants français voulaient se montrer exemplaires au niveau de la lutte contre le réchauffement climatique à la veille de la COP 21, c’est pour notre vallée l’arrêt du percement du tunnel qu’ils devraient envisager.

Nous publions la lettre adressée par Simon Metral président de l’Association pour le Respect du Site du Mont Blanc qui vient conforter notre position: LettreARSMB

Document de presentation reprenant les arguments de RENTunnel_Mythes